Lamartine, voix de la République par Gérard CALMETTES.

Né à Paris en 1936, Gérard CALMETTES fait ses premiers pas véritables dans la vie cinquante ans plus tard, lorsqu’il échange ville et profession contre campagne et écriture. A l’appel du grand dehors, il témoigne de cette vocation dans « Un Parisien à la campagne » (1996), « Verger sauvage » (1996), « Rumeurs au village » (1999). Il voue une grande admiration à Alphonse de Lamartine auquel il a consacré deux essais : « Lamartine voix de la république » (Ed. de l’Armançon) et « Lamartine, La Vigne et la Maison » (Ed. Christian Pirot). Il réside aujourd’hui dans l’Yonne, dans le petit village d’Accolay, où il coule des jours paisibles au côté de son épouse Christiane.

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Gérard CALMETTES évoque Lamartine, né à Mâcon en 1790 dans une famille aristocratique. Il est le fils d’un gentilhomme-vigneron et d’une dame pieuse. Le père du poète exploite 40 hectares, la plupart plantés en vigne. Sa mère, Alix des Roys, vient en aide aux pauvres et aux femmes en couches; c’est une mère de bonté et de dévouement qui sera un modèle pour le futur auteur du « Lac ».

Lamartine voix de la républiqueGérard CALMETTES réhabilite, dans « Lamartine voix de la république », un aristocrate tendant la main à un peuple tyrannisé par l’industrialisation naissante. Ce livre a reçu le Prix de culture bourguignonne en 2000.

Influencé par les romantiques allemands et anglais, fasciné par madame de Staël, Alphonse de Lamartine est le guide de la jeune génération romantique : »Voici enfin des poésies qui sont d’un poète, des poésies qui sont de la poésie » ( Victor Hugo ). « Les Méditations poétiques », en 1820, connaîtront un énorme succès littéraire. Il est un poète de l’âme, mais son tempérament rebelle va le conduire à l’action politique.

« J’étais né bien plutôt pour l’action que pour la poésie. Qu’est-ce que l’action, en effet, si ce n’est une poésie réalisée ? » La générosité intellectuelle du poète le pousse à s’investir en politique. Il deviendra maire de Milly, diplomate ou conseiller général de Mâcon. Les idées de Lamartine s’inscrivent dans notre cycle républicain. Il prône l’accession des petites gens à la propriété individuelle, lutte contre la peine capitale et tient un discours fortement anti-colonialiste. N’adhère-t-il pas au Comité pour la libération des noirs (aux côtés de Victor Schoelcher) ?

Les événements de février 1848 l’amènent à proclamer la République et à envisager la forme que doit avoir un gouvernement. Il s’interroge sur l’enseignement et s’intéresse aux progrès de la science. Ses idées sont novatrices : il est favorable à la nationalisation et à la gratuité des chemins de fer. Il plaide pour un salaire momentané à côté d’une cessation de travail, un fonds commun des classes ouvrières. Il songe même à mettre sur pied des caisses de retraite et de prévoyance. Avec Louis Blanc, il initie la création des Ateliers nationaux pour y employer les chômeurs.
Un bilan à couper le souffle ! En 1990, à l’occasion du bicentenaire de la naissance de Lamartine, le président François Mitterrand fit poser une plaque sur le tombeau du poète. Culte lamartinien ? Sans doute. Gérard CALMETTES insiste pour que soit célébré non seulement le poète, mais également le père fondateur de notre cycle républicain, tombé dans un oubli injuste.

Lamartine est mort le 28 février 1869.

Il est nécessaire de redonner sa place à un homme d’une stature exceptionnelle. Prophète au-dessus des partis, il n’en fut pas moins la voix du peuple et celle de la République. Et quelle voix !

En fin d’émission, comme chaque semaine, le coup de coeur de la libraire L’Autre Monde ( 42 Grande rue, à Avallon ). Laurène présente un roman jeunesse, « La malédiction Grimm » de Polly Shulman ( Ed. Bayard jeunesse ).

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