Etienne PAQUIN pour « Pierre-Etienne Flandin ou un centrisme impossible » (thèse de doctorat d’histoire). 2e et dernière partie.

2e et dernière partie de l’émission consacrée au parcours politique de Pierre-Etienne FLANDIN.

Pierre-Etienne FLANDIN (1889-1958), un des hommes politiques majeurs de l’histoire de la Troisième République et des débuts de Vichy, n’a suscité jusqu’à ce jour aucune biographie. C’est chose faite avec le très riche travail d’Etienne PAQUIN, issu d’une thèse de doctorat en histoire.

Pour écouter l’émission

 

Etienne PAQUIN, né en 1945 à Avallon (89), agrégé d’histoire, a enseigné en classes préparatoires au lycée Poincaré à Nancy, d’abord dans celles préparant à l’Ecole militaire de Saint-Cyr, puis en Lettres et Première supérieures? Il a soutenu en 2016 une thèse de doctorat consacrée à la carrière politique de Pierre-Etienne Flandin. Il porte désormais son intérêt sur Etienne Flandin, père de Pierre-Etienne, député, sénateur de l’Inde, Résident général en Tunisie, très lié aux milieux coloniaux.

Cette 2e émission aborde le parcours de Pierre-Etienne FLANDIN, couvrant les années 1934 jusqu’à sa mort en 1958.

Dans un contexte politique et social difficile, P.-E. FLANDIN devient Président du Conseil en novembre 1934, formant son cabinet qu’il installe, rue de Varennes, à l’Hôtel Matignon, ancienne bâtisse du XVIIIe siècle nichée dans un parc de trois hectares, et qu’il fait aménager, avec l’aide de sa femme, Marguerite. Son inauguration a lieu le 5 février 1935.

Le cabinet Flandin compte 17 ministres d’Etat, parmi lesquels Herriot, Mandel et Laval. On y remarque une forte présence de radicaux. Flandin ne s’attribue aucun portefeuille; il dirige l’équipe gouvernementale et la coordonne, jusqu’à sa chute le 1er juin 1935 où la confiance lui est refusée par 353 voix contre 202.

L’échéance électorale de 1936 se prépare. De janvier à juin 1936, nous retrouvons Flandin, ministre des Affaires étrangères, en remplacement de Pierre Laval.

Confortablement réélu (60 %) dans sa circonscription de l’Yonne lors des élections législatives de l’été 1936, Flandin se pose en farouche opposant du Front populaire et de la politique (notamment financière) conduite par Léon Blum. Il ne votera pas la dissolution des ligues, ni les 40 heures, ni les congés payés (lois emblématiques du Front populaire).

La montée des périls totalitaires est réelle. En 1937, Flandin se rend à Berlin à titre privé. Il y rencontre notamment Goebbels et Goering, et non Hitler. Quelle attitude adopter face à l’Italie fasciste et à l’Allemagne nazie ?

29-30 septembre 1938, Hitler, Mussolini, Chamberlain et Daladier signent les accords de Munich. Flandin envoie alors à chacun des signataires un télégramme de félicitation. Mais c’est celui adressé au führer qui scandalise. Et Flandin de rétorquer : « J’aime mieux échanger avec le chancelier Hitler des télégrammes plutôt que des obus« .

Y a-t-il une dérive de Flandin vers les droites radicales ? Fut-il antisémite ? Certains le considèrent  comme un « philosémite militant ». 

Après la défaite de 1940, et l’armistice calamiteux, Flandin ratifie la création du nouveau régime qui s’installe à Vichy, tandis que lui, dans un premier temps, reste dans l’Yonne, à Domecy.

Le maréchal Pétain connaît Flandin, comme en témoigne la photo ci-dessous, montrant Flandin accueillant le vainqueur de Verdun à Avallon, en juillet 1933, à l’occasion des fêtes du tricentenaire de Vauban. Les deux hommes avaient d’ailleurs cohabité dans le cabinet Doumergue en 1934.

 

 

De mi décembre 1940 à début février 1941, Flandin se range derrière Vichy dans le cadre d’une Europe allemande. Pour lui, la collaboration doit se cantonner aux affaires économiques.

Flandin tentera une politique de résistance à l’Allemagne, opérant un rapprochement avec les Anglo-Saxons. Remplacé par Laval, Flandin quitte Vichy pour se rendre d’abord à St Jean-Cap-Ferrat puis en Algérie, dès octobre 1942.

Il est arrêté le 22 décembre 1943, et inculpé de trahison. Transféré à la prison militaire d’Alger, puis à Fresnes en octobre 1944. Son procès se tient du 23 au 26 juillet 1946. Il est condamné à 5 ans de dégradation nationale puis immédiatement relevé de cette condamnation pour faits de résistance.

Flandin fait sa rentrée politique en février 1948. Il perd les élections sénatoriales en 1952, mais reconquiert son siège de conseiller général de Vézelay en avril 1955. Il meurt en juin 1958 « dans sa petite patrie morvandelle ». Ses obsèques sont célébrées, à Domecy, le 17 juin 1958.

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