Marie NOËL ( 1883 – 1967 ).

Marie Noël (née ROUGET) est morte, il y a 50 ans, le 23 décembre 1967. Wagon-Livres et ses invités rendent hommage à la poétesse auxerroise.

Pour écouter l’émission

Les invités : Danièle BÈGUE (petite-nièce de la poétesse), Jean-Guy BÈGUE (en charge des commémorations du cinquantenaire de la mort de Marie Noël auprès de la Société des Sciences Historiques et naturelles de l’Yonne), Danièle PANGRAZI, Alain GRIVEL et Jean-Claude LAVERGNE (harmoniciste).

Marie Noël  a vu le jour, ruelle des Véens, le 16 février 1883, à quelques pas de l’église Saint Pierre, à Auxerre.

NOËL Paris Elle fut, en son temps, le plus grand auteur catholique, ciseleuse de vers et perfectionniste de la rime, mais également musicienne. Elle a reçu le Grand Prix de l’Académie française .

Son père, Louis Rouget, était professeur agrégé de philosophie et agnostique. La petite Marie sera inscrite en 1894 au collège de jeunes filles et non dans une institution religieuse. Comme cela se pratiquait dans les familles aisées, elle sera allaitée à Auxerre par une nourrice venue du Morvan (Usy, commune de Domecy-sur-Cure). Sa grand-mère conteuse, Théodorine, a laissé à sa petite-fille le goût des histoires et de la tradition orale.

Deux drames ont émaillé la vie de la « demoiselle d’Auxerre » en 1903 : un amour contrarié, puis la mort de son petit frère qu’elle découvre dans son lit.

Jeune poétesse, elle fut encouragée par son parrain, Raphaël Périé, professeur de Lettres Classiques et Inspecteur d’Académie.  En juin 1910, quatre de ses premiers poèmes parurent dans La Revue des deux mondes; dès lors, elle prend le patronyme de Noël. En 1920, parut, à compte d’auteur, « Les Chansons et les Heures » (300 exemplaires). Toujours en 1920, en pleine dépression nerveuse, elle fut soignée en maison de santé. En 1924, l’Académie de Dijon souhaita la voir siéger parmi ses membres; elle sera élue « membre non-résidant » de l’Académie des Sciences, Arts et Belles Lettres de Dijon. Elle ignorait d’ailleurs les cénacles et les académies, admirant ceux qui se refusent « aux pompes […] et à toutes les inutilités factices de la vie littéraire ».

Marie Noël et sa nièce Danièle

Trois hommes accompagnèrent ses activités littéraires : d’abord, l’abbé Mugnier avec lequel elle entretint une riche correspondance et qui fut aussi son confesseur (« écrire pour mieux servir Dieu »). Le second, et qui aurait aimé être le mentor de la « muse d’Auxerre » : l’abbé Henri Brémond, académicien. Enfin, citons Raymond Escholier, son grand ami et critique littéraire, qui signa, en 1957, une biographie officielle, « La Neige qui brûle », publié chez Fayard.

En 1922, Max (sociétaire de la Comédie française) lira « Vision » au Lapin agile, le célèbre cabaret de la Butte Montmartre. Plus tard, d’autres chantèrent Marie Noël : Christine Perrin, Catherine Sauvage, Claude Nollier, Alain Cuny, Caroline Cler et Mary Marquet. Dans les années 60, Mouloudji fit enregistrer un disque regroupant douze poèmes de Marie Noël.

« Le Cru d’Auxerre« , œuvre en prose, évoque plusieurs épisodes de l’histoire de la vie d’Auxerre depuis le début du XIXème siècle jusqu’à 1945 environ. Souvent drôle et d’un style alerte, toutes ces histoires seraient aujourd’hui perdues.  C’est qu’elle fut témoin de ce qu’elle appelle « les temps fous ». En 1940, à son corps défendant, elle sera choisie comme conseillère municipale par Jean-Michel Renaitour, alors maire d’Auxerre. Dans « Notes intimes » (1959), elle s’en prend aux élus locaux et aux gouvernants. Elle y dénonce les petites lâchetés et l’opportunisme des uns et des autres.

En juin 1929, elle est lauréate du prix José Maria de Hérédia que décerne, chaque année, l’Académie française.

Parmi les lieux « noéliens », après Usy qui compta tant, mentionnons Vézelay et Diges (petit village de Puisaye) où la poétesse coulait ses « bienheureuses vacances ».

Colette et Marie Noël avaient une admiration réciproque. L’auteur des « Claudine » et membre de l’Académie Goncourt, mourut en août 1954. Les deux femmes ne se rencontrèrent jamais.

En attendant la réédition du « Cru d’Auxerre »(sorti des presses peu avant la disparition de son auteur en 1967), la Société des Sciences historiques et naturelles de l’Yonne vient de rééditer « Petit Jour« , prose largement autobiographique et chronique provinciale unique en son genre.

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Ce numéro de Wagon-Livres ne nous conduit pas que sur les chemins de l’église ou dans les ruelles d’Auxerre qu’empruntait Marie Noël, mais aussi sur ceux de sa poésie, de sa sensibilité et de sa vie. Deux visages se dégagent de la poétesse : celui d’une femme émouvante et chanteuse désespérée, mais également celui de la chroniqueuse, moqueuse à souhait et emplie d’ « espièglerie angélique » (selon l’abbé Henri Brémond).

Nous recommandons la lecture de l’essai de Jean-Claude CHARLET, « Marie d’Auxerre » (Éditions de L’Armançon) pour approfondir l’approche biographique de Marie Noël.

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Remerciements à Christiane et Dominique BARBE pour leur accueil à l’Hôtel Vauban, 53 rue de Paris, à Avallon où cette émission a été enregistrée le 28 février 2017.

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