Histoire des animaux domestiques (XIXème-XXème siècles) par Damien BALDIN.

Professeur agrégé d’histoire, Damien BALDIN est chargé d’enseignement à l’Ecole des hautes études en sciences sociales. Il est l’auteur d’une Histoire du sein, approche historique du corps des femmes au XIXème siècle ( Ed. du Sandre, 2005 ). Il a travaillé avec Stéphane AUDOIN-ROUZEAU pour « Etat de guerre, l’année 1914 à travers les publications officielles » (La Documentation française).

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Il prépare une thèse sur la police des chiens en France de la fin du XVIIIème siècle aux années 1960. Il est conseiller à la Mission du Centenaire de la Première Guerre mondiale.

Au printemps 2014, Damien BALDIN  a fait paraître « Histoire des animaux domestiques XIXème – XXème siècle » ( Ed. du Seuil ).

Couverture Damien BaldinC’est tout un pan oublié de l’histoire culturelle et sociale dont nous sommes les héritiers que ce livre révèle.

Au XIXème siècle, en ville, les animaux sont partout. Chiens et chevaux d’attelage, veaux, vaches, cochons… peuplent les rues.

Les chevaux sont les animaux les plus visibles en milieu urbain. Ils sont essentiels aux transports, au labour et, au XIXème siècle, on compte, en France, un cheval pour 10 habitants. La Première Guerre mondiale verra réquisitionner plus d’un million de chevaux (dont 150 000 mulets). Au moins 758 000 chevaux de l’armée française sont morts durant la guerre. De 1939 à 1945, l’armée allemande utilisa plus de deux millions de chevaux et l’Armée rouge plus de trois millions.

L’entretien évoque la promiscuité avec les animaux domestiques. En effet, les animaux vivent avec les hommes. Des liens affectifs se tissent, par exemple avec une vache laitière, et même dans le cas de l’élevage des vers à soie où les femmes, dans les Cévennes, tout au long du XXème siècle et jusqu’à tard dans les années 1950, assurent la chaleur nécessaire à l’incubation des oeufs par leur propre corps.

Avec les boeufs, il y a des commandements sonores ou des chants ( des briolages ). Certaines vaches sont primées, et on leur donne un nom.

Damien BALDIN insiste sur notre relation aux animaux de compagnie. Les oiseaux, notamment exotiques, obtinrent un succès certain dès le XVIIIème siècle. Pendant longtemps, le chien avait mauvaise réputation ( peur de l’attaque ou de la contamination rabique ). Le chat a longtemps eu mauvaise presse. Sur lui pèse un imaginaire malfaisant et diabolique.

La SPA (Société Protectrice des Animaux) est fondée en 1845 par le docteur Etienne Pariset, et sera reconnue d’utilité publique en 1860. Sous la IIIème république, la protection des animaux constitue une valeur républicaine.

Une partie de l’entretien met en avant le souci d’hygiène, la lutte contre le bruit, l’odeur et l’errance des animaux. Fourrières et abattoirs font leur apparition. Un partage se dessine entre les élus du cercle familier, choyés et protégés, et les autres.

Ce 167ème numéro de Wagon-Livres a été enregistré en public, le 9 mai 2014, alors que Damien BALDIN était l’invité des apéros de la librairie L’Autre Monde, 42 Grande Rue à Avallon.

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