Sophie LAINé pour « Petites chroniques du Très-Ordinaire » (Ed. L’Âme du rasoir).

Entretien avec Sophie LAINÉ pour son recueil « Petites chroniques du Très-Ordinaire » (Ed. L’Âme du rasoir), paru en décembre 2021.

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Ce nouveau recueil demande de bien appréhender le sens de son titre : « Petites chroniques du Très-Ordinaire ». Il convient aussi de bien lier et articuler « Très-Or » lors de sa lecture. En effet, selon l’auteur, les trésors sont cachés dans l’ordinaire. Il s’agit aussi de souligner que l’on peut parfaitement ressentir des émotions sans embrasser le sensationnalisme dans lequel se vautre notre époque. On peut se sentir vivant en cultivant une sensibilité aux petits riens du quotidien (le soleil, les animaux, le chant des oiseaux…) qui sont une promesse de satisfaction et de joies simples, sans autre but que celui de faire l’expérience d’être vivant. Des « miracles ordinaires« .

Artiste et poétesse engagée au profit du vivant, Sophie LAINÉ aborde respectueusement toutes les spiritualités. Même si elle réside dans un haut lieu de la chrétienté, Vézelay, elle est, par exemple, particulièrement sensible au zen japonais. L’auteure cite, dans son avant-propos,  le précepte du guide spirituel Jean-Yves Leloup selon lequel, en entrant en religion, « il ne faut pas confondre le moyen et l’absolu ». La quête vers l’invisible doit nous inviter à nous « verticaliser » et à nous faire progressivement prendre conscience que nous sommes « divinement connectés ». C’est en mettant à profit ce conseil que sa poésie peut ainsi devenir « une arme de reconstruction massive », et encourager une démarche invitant à rester sans cesse en mouvement sur le chemin de la curiosité bienveillante, c’est-à-dire en mesure d’accueillir le plus inconditionnellement possible « ce qui est ».

Ne pas se laisser totalement dévorer par une société « toxique » par trop consumériste et souvent autoritariste . D’ailleurs, « être bien adapté à une société malade n’est pas un signe de bonne santé mentale ». Remettre l’humain au cœur des priorités serait un remède au mal qui nous ronge. Sophie Lainé évoque la problématique récurrente d’un sur-contrôle et d’une autorité mal placée, qui, au lieu de permettre la liberté en nous offrant un cadre sécurisant, nous infantilisent et nous étouffent par les nombreux abus que ces comportements génèrent. Un de ses textes met en avant le chanteur et poète Jim Morrison, un hypersensible, qui, dans sa jeunesse, a souffert de l’autoritarisme d’un père militaire.

La gentillesse n’est pas à exclure, mais elle doit plutôt céder sa place à la bienveillance. L’auteure insiste sur l’importance de comprendre ce mot dans le sens de « Bien veiller », ce qui ne signifie pas être gentil, mais plutôt être capable de veiller correctement à ce qui est, être attentif à ce qui se passe dans l’instant, réellement, et ne pas être complaisant car déguiser nos émotions, est ce qui nous fait perdre notre humanité !

Sophie Lainé, dans le parc de l’Hôtel Avallon Vauban, le 7 février 2022 .

Le nouveau recueil de Sophie LAINÉ est à picorer avec plaisir, car sa gourmandise poétique nous conduit à réfléchir, encourage notre intelligence, et stimule notre réflexion sur les complicités avec les banalités de notre quotidien ordinaires qui, pour qui sait apprécier et  identifier ces pépites, se transforment alors en diamants.

« Petites chroniques du Très-Ordinaire » (Ed. L’Âme du rasoir) peut se commander par internet sur le site marchand de la librairie L’Or des Étoiles, sise à Vézelay (89) :

Librairie L’OR DES ETOILES

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