Hommage à Didier DECOIN ( 1945- 2026). Rediffusion d’un entretien enregistré en janvier 2012, à Dijon.

Wagon-Livres rend hommage au romancier Didier DECOIN, disparu le 5 août 2026, à l’âge de 81 ans, prix Goncourt 1977, et ex-Président de l’Académie Goncourt, de 2020 à 2024. Nous vous proposons en nouvelle diffusion un entretien enregistré à Dijon, en janvier 2012, alors que le romancier était l’invité du Club des Écrivains de Bourgogne, pour y présenter « Une Anglaise à bicyclette » (Ed. Stock).

Pour écouter l’émission :

 

Né à Boulogne-Billancourt, le 13 mars 1945, Didier DECOIN est le fils de Juliette Charpenay et du cinéaste Henri DECOIN, à qui il avait rendu hommage, en 2006, dans « Henri ou Henry. Le roman de mon père ».

DECOIN et moi (retrav.)Didier DECOIN (à droite), invité du Club des Écrivains de Bourgogne, dans les Salons du Sofitel La Cloche (Dijon, le 18 janvier 2012).

Didier DECOIN a d’abord été journaliste à France-Soir (alors premier quotidien français par le tirage), au Figaro (en collaborant aux pages littéraires du quotidien) ainsi que critique cinéma à VSD. Si sa première oeuvre est une pièce de théâtre, il se tourne vite vers le roman, dans lequel il exprime sa passion pour l’Amérique. A 32 ans, il est déjà l’auteur de sept romans lorsqu’il reçoit le Goncourt pour  » John l’Enfer « , roman vertigineux et délirant mettant en scène un Cheyenne  laveur de carreaux à New York.

Didier DECOIN poursuit son œuvre avec d’autres romans comme  » L’Enfant de la mer de Chine  » (1981),  » Les Trois vies de Babe Ozouf  » (1983),  » Meurtre à l’anglaise  » (1988),  » La Femme de chambre du Titanic  » (1991),  » Madame Seyerling  » (2002),  » Avec vue sur la mer  » (2005),  » Henri ou Henry : le roman de mon père  » (2006). Mentionnons aussi le « Dictionnaire amoureux de la Bible », en 2009,qui fait écho à son essai précédent « Jésus, le Dieu qui riait » (Ed. Stock).

Didier DECOIN avait publié l’un de ses plus beaux livres, et l’un des plus singuliers, mené avec brio sensible et lyrique de conteur-né. Ce « Bureau des jardins et des étangs » nous plongeait dans le Japon médiéval, à travers le destin d’une jeune paysanne, Miyuki, dont le mari, pêcheur de carpes pour la Cité impériale, venait de mourir noyé.

Son dernier livre a paru en avril 2026 : « Maypops » (Ed. Stock) dans lequel il revient sur un fait divers dramatique se déroulant en Caroline du Sud, État ségrégationniste alors sous l’emprise du Ku Klux Klan, en 1944, impliquant un jeune adolescent noir de 14 ans, George Stinney Jr, accusé à tort d’avoir assassiné deux fillettes, et condamné à mort sans preuves ni mobile.

Didier DECOIN a aussi travaillé pour le cinéma et la télévision en adaptant notamment de grandes œuvres littéraires : « Les Misérables », Cinq-Mars d’Alfred de Vigny, « Le Comte de Monte Cristo » de Dumas père (série de Josée Dayan) pour lequel il obtient, en 1999, le Sept d’or du meilleur scénario. On lui doit également les scenari de « La Merveilleuse visite » de Marcel Carné (1974), d' »Un bon petit diable » de Jean-Claude Brialy, d' »I… comme Icare » d’Henri Verneuil, film porté par Yves Montand, et en 1960, de « Dancing Machine » (coauteur), avec dans le rôle principal, Alain Delon.

Il a été élu à l’Académie Goncourt en juin 1995, au couvert du poète, romancier et éditeur Jean Cayrol. En 2020, il a été nommé président de l’institution presque centenaire, succédant à Bernard Pivot, avant d’en démissionner au printemps 2024. C’est sous sa présidence qu’avait été créée, en 2022, une déclinaison de la célèbre récompense littéraire, le prix Goncourt des détenus, soutenu par le Centre national du livre (CNL) et les services pénitentiaires de l’Etat, qui permet à 500 détenus de quarante établissements de lire la quinzaine de romans figurant chaque année sur la première liste tant attendue du Goncourt, et de participer activement à une distinction littéraire.

Féru de navigation, il a longtemps été chroniqueur à la revue Neptune Moteur. Il avait également présidé l’association des Ecrivains de marine, créée par Jean-François Deniau il y a une vingtaine d’années, en partenariat avec la marine nationale, et qui comptait parmi ses membres Sylvain Tesson, Isabelle Autissier, Yann Queffélec…

Au cours de cette émission, Didier DECOIN revient sur son dernier roman,  » Une Anglaise à bicyclette  » (Ed. Stock). Ce roman déroule le destin d’une petite orpheline Sioux, dont les parents ont été massacrés par la cavalerie américaine en 1890, et qui va être adoptée par un photographe britannique qui va lui offrir une vie nouvelle dans l’Angleterre victorienne. On y croise Sir Arthur Conan Doyle, des fées et … une bicyclette.

COUVERTURE Une Anglaise à Bicyclette

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