Roland ENES pour « Chroniques de la vie municipale avallonnaise. 1971-2014. »

 

Dans cet ouvrage auto-édité, Roland ENES, aujourd’hui retraité de l’enseignement, revient sur les 43 ans qu’il a passés à s’investir dans la vie municipale d’Avallon, tantôt dans la majorité, tantôt dans l’opposition, soit comme conseiller municipal ou comme adjoint. Il y brosse les portraits des différents maires avec lesquels il a travaillé, les ambiances du conseil municipal mais aussi les grands dossiers qui ont fait évoluer la vie des Avallonnais et la cité.

Roland ENES évoque Jacques Schiever, premier maire avec lequel il travailla, de 1971 à 1977. Pour son second mandat, il entre dans l’opposition ouvertement affichée socialiste alors que le maire élu en est Jean Chamant, brillant orateur, et ancien ministre de De Gaulle et de Pompidou.

En 1983, c’est Léon Laurent, au « fichu caractère » qui devient maire. Ce chef d’entreprise apprécie peu la présence d’élus municipaux socialistes et communistes dans son conseil. « J’entretenais une très bonne relation avec lui. […] Un élu municipal communiste était rentré au conseil, et cela rendait Laurent furieux. J’avais une relation très particulière avec Laurent. On se voyait régulièrement. Tous les samedis, on allait boire le café ensemble. Ce qui l’intéressait, c’était d’évoquer les sujets qu’il avait abordés au conseil municipal, et il tenait à avoir mon avis en préalable pour pouvoir parer à la riposte. » Peut-on parler d’une forme de sectarisme chez Léon Laurent ? « Oui, c’était une forme de sectarisme. C’est le sectarisme des gens étroits. » Soulignons la modestie de Léon Laurent qui ne parlait jamais de son engagement dans la Résistance sous le nom de code de « Armagnac ». « Il n’aurait pas voulu que j’en parle dans mon livre, et m’en aurait fait le reproche. »

Roland ENES se rappelle l’inauguration du centre de secours d’Avallon, un soir d’hiver, par le ministre de l’Intérieur de l’époque, Charles Pasqua « aussi glaçant que l’ambiance était glacée ».

Il se rappelle, sous le mandat de Léon Laurent, le projet de création d’un plan d’eau à Avallon, à l’emplacement actuel du supermarché Auchan. Projet qui ne verra pas le jour. Certains projets prirent du temps comme celui de la construction de la rocade, ou ne virent jamais le jour (construction d’une halle polyvalente pourtant promise par le maire Yves van Haecke).

Roland ENES évoque aussi Léo Grézard, chirurgien à l’hôptal de la ville qui devient maire en 1989, portant ainsi la gauche au pouvoir à Avallon. Il fut député, et suppléant de Henri Nallet, devenu ministre de l’Agriculture. « La vie municipale aux côtés de Léo Grézard n’a pas été facile, surtout pour moi qui ai été son premier adjoint. Un groupe de dissidents s’est mis en place. C’était la première fois que je voyais cela au sein d’une même équipe. En tant que premier adjoint, je me devais d’être solidaire du maire. Cela m’a valu des inimitiés assez tenaces. On parlait de Laurent, mais Grézard avait aussi un fichu caractère. Et puis il n’était pas facile à suivre. »

D’autres maires sont évoqués : Yves van Haecke (1995-2001), ancien sous-préfet d’Avallon de 1979 à 1982. « A mon sens, monsieur van Haecke, mais je me trompe peut-être, était brillant dans ses fonctions ministérielles, puisqu’il était au ministère de l’Agriculture, mais il ne savait pas manager une équipe. Et puis avec des effets d’annonce assez étonnants. »

Élu avec 61% des voix, Jean-Yves Caullet devient maire d’Avallon en 2001. « Incontestablement, il est un meneur d’hommes. Il a une autorité reconnue par tous, il connaît bien les dossiers, et il a la parole facile. C’est quelqu’un qui est le garant de la cohésion de l’équipe actuelle. Si lui s’en va, je ne vois pas bien ce que cela peut devenir. »

Quelques unes des réalisations sous les trois mandats de Jean-Yves Caullet : réhabilitation du foyer des jeunes travailleurs, restauration de la Maison des Sires de Domecy, embellissement de la Grande Rue, transformation des abattoirs en salle d’exposition, intégration de la ville au Parc Naturel Régional du Morvan… ouverture de la rocade qui voit le jour en 2014 (« Il a contribué à débloquer le dossier à un moment donné. Mais ce fut une longue histoire. »)

En 2008, J.-Yves Caullet est réélu dès le premier tour avec 66,4 % contre J.-Yves Jourdain. En 2014, il est réélu dès le premier tour avec 51,25% des voix, face à deux candidats (Mourad Chenaf, et Joël Riquier du Front National).

Aux élections municipales de 2014, 23e sur la liste conduite par J.-Y. Caullet, Roland ENES n’est pas réélu conseiller municipal. « Dès l’annonce des résultats, je quitte la salle des Maréchaux, la tête basse et le cœur un peu gros.« 

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1 Response

  1. rouquette dit :

    Bonjour,
    j’aimerais acheter cet ouvrage. Je sais que l’auteur est décédé.
    savez vous où je peux m’adresser ?
    merci d’avance

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