« Les Loups dans le Morvan » (Ed. Sutton) par Philippe BERTE-LANGEREAU.

Né en 1954 à Avallon (Yonne), Philippe BERTE-LANGEREAU recueille depuis 35 ans des documents dans différents domaines de la vie du Morvan : travaux agricoles et forestiers, moulins, galvachers, architecture traditionnelle, etc… Il est à ce jour l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages. Il réside à Athée, hameau de Saint André en Morvan (Nièvre).

Dans le Morvan, région de moyenne montagne boisée qui couvre une partie des quatre départements de la Bourgogne, le loup fut, du Moyen-äge jusqu’àu début du XXe siècle, le grand ennemi des campagnes et des fermes morvandelles.

Pour écouter l’émission :

Philippe BERTE-LANGEREAU étudie les liens que les habitants du Morvan ont entretenu avec les loups. Il revient sur les toponymes de villages du Morvan dont certains rappellent l’omniprésence des loups. Rappelons la Bête de l’Auxerrois (en 1731), et la Bête du Gévaudan (1764-1767), 60 kilos, qui fut abattu après avoir fait 80 victimes en 4 ans. Mais les ravages des loups « mangeurs d’hommes » ou hydrophobes (atteints de la rage) continuèrent bien au-delà. En 1886, lors d’une communication scientifique, Louis Pasteur évoquera le loup dévorateur de St Germain des Champs (Yonne).

Philippe BERTE-LANGEREAU met en valeur de nombreux témoignages sur les loups retrouvés dans les archives départementales de la Nièvre, dans les bulletins paroissiaux ou dans les comptes rendus de conseils municipaux. En 1795, à Clamecy (Nièvre), un boucher vendit du loup en disant que c’était de la chèvre.

L’entretien avec Philippe BERTE-LANGEREAU aborde aussi le folklore et les croyances populaires qui entourent le loup. En faisant brûler le foie d’un loup, la poudre obtenue peut effrayer chevaux, et un foirail entier ! Qu’est-ce qu’un meneur de loup (M’neux de loups) ? Comment charmer un loup avec de la musique ? Peut-on apprivoiser un loup ?

Les loups se raréfient après 1870. En effet, on organise la lutte contre ce « fléau de Dieu ». Dès Charlemagne (IXe siècle), on institue l’organisation d’une chasse officielle contre les loups. Sont alors créés les corps de Lieutenants de louveterie, caste de privilégiés qui seront abolis sous la Révolution, puis rétablis sous l’Empire, par Napoléon.

La dernière battue, sinon la toute dernière organisée en France, eut lieu à Gouloux (Nièvre) en hiver 1956.

L’émission évoque les différentes manières d’éradiquer les loups : les fosses à loup (appelées loutières ou louères, dans le Morvan), les pièges à mâchoires mais aussi le poison (noix vomique). C’est le système des primes qui fut fatal aux loups.

La pharmacie de La Roche en Brenil (Côte-d’Or) évoque les fosses à loup qui existaient dans la région.

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