Jacqueline KELEN : « Parlez-moi, je vous prie, du Royaume des Cieux « .

Le dernier ouvrage de Jacqueline KELEN, « Parlez-moi je vous prie du Royaume des Cieux » (François Bourin éditeur) fait le constat que le clergé a oublié la parole originelle du Christ.

KELEN ET PETIT (redimensionné) Jacqueline KELEN et Yannick PETIT, à la librairie L’Âme enchantée, à Vézelay, le 20 juillet 2013.

« Ce n’est pas une religion que je défends, c’est la liberté et la grandeur de l’être humain » précise l’auteur. Il s’agit d’élargir sa vision et son champ de conscience, et cela passe par le questionnement. Pourquoi rapetisse-t-on l’être humain à un cadre de vie où seul l’existentiel prime. L’être humain n’est-il que temporel et mortel ? N’y a-t-il pas plutôt un sens de recherche, une soif d’autre chose ? Toutes les civilisations sont nées d’une aspiration des êtres humains à un monde supérieur, et il y a civilisation s’il y a religion, philosophie et bien sûr arts et techniques.

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Le livre s’interroge donc sur la désaffection des Chrétiens (catholiques, protestants, orthodoxes) pour la parole originelle du Christ et il nous encourage à nous intéresser à la conception du bonheur humain lié à l’acquisition de la sagesse telle que la définissait la philosophie antique.
Face à ce rapetissement des consciences de l’Homme, il s’agit de reconquérir le spirituel, la philosophie et la sagesse. Jacqueline KELEN dénonce le fait que les religieux démissionnent de leurs missions spirituelles pour aborder des problématiques existentielles et des sujets dont on est abreuvé en permanence.
Jacqueline KELEN a rencontré des prêtres qui n’y croient plus. Elle n’hésite pas à affirmer que la plupart des chrétiens (et surout les catholiques) sont incultes, et en sont restés à leur petit catéchisme, au lieu de s’intéresser à tout ce qui concerne le Christ. Ce dernier n’est pas un personnage historique, mais c’est un contemporain, « un vivant qui nous rend vivants ». Jésus ne doit être ni un copain ni un révolutionnaire, de même que Marie n’est pas la « patronne des indignés ». Nul besoin de rajeunir l’Esprit pour être dans l’air du temps.
« Il est navrant […] que certains prêtres et passeurs n’aient aucune parole d’espérance et de résurrection à donner lors d’une maladie ou lors de la mort d’un proche. »

COUVERTURE RETRAVAILLEE
Que propose Jacqueline KELEN pour pallier les manques du clergé dans sa mission ? Revenir à la pureté du message transcendant du Christ, à l’étude et à l’intériorité. Et arrêtons de sanctionner les religieux qui, « intelligents, cultivés et portés à la mystique […] se trouvent rabroués, sommés de se taire, voire excommuniés. »
Et Jacqueline KELEN d’ajouter : « Si le clergé de l’Église catholique se montre usé et désabusé, […] eh bien que des laïcs vaillants et fervents viennent les soutenir, les secourir, qu’ils prennent le relais, qu’ils s’emparent du trésor et répondent de lui ! », car Dieu n’est pas le monopole du clergé : il est à tout le monde.

Ancienne productrice d’émissions à France Culture, Jacqueline KELEN, de formation universitaire Lettres Classiques, est écrivain. Paru en 1982, son premier livre avait pour titre « Marie-Madeleine, un amour infini » (Ed. Albin Michel). D’autres ont suivi (trente à ce jour): « Les Femmes de la Bible », « La Faim de l’âme. Une approche spirituelle de l’anorexie. », « L’Esprit de solitude » [ Prix 2001 des Libraires Mieux Être et Spiritualité ], « Lettre d’une amoureuse à l’adresse du Pape », « Impatience de l’Absolu. Vers le genre inhumain » (Ed. La Table Ronde).

Et toujours, en fin d’émission, le traditionnel coup de cœur de notre libraire partenaire, Évelyne Levallois, de L’Autre Monde (42 Grande Rue, à Avallon). Cette semaine, « Kinderzimmer » de Valentine Goby (Ed. Actes Sud).

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1 Response

  1. Kolaczynski dit :

    Une pure merveille que je commence a connaitre.

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